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Fiche Fiscalité #3Épisode 3

Tout comprendre sur l'URSSAF

Dr. Ryan GoburdhunMis à jour le 8 min de lecture
Tout comprendre sur l'URSSAF

Tu viens de démarrer tes remplacements médicaux, et l’URSSAF reste encore un mystère ? Voici une fiche claire et pratique pour comprendre et gérer facilement tes cotisations sociales dès tes premiers remplacements. 🚀✨

🔹 Qu’est-ce que l’URSSAF ?

L’URSSAF (Union de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales) est l’organisme chargé de collecter tes cotisations sociales obligatoires. Ces cotisations financent ta protection sociale, notamment : 🩺 Assurance Maladie-Maternité, 👶 Allocations Familiales, 🧓 Retraite (régime général), 💸 CSG-CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale), 🛡 Autres cotisations (Invalidité-Décès, Formation professionnelle, etc.).

📅 Quand s’inscrire ?

🔖 Les deux régimes sociaux

Il existe deux régimes sociaux pour les médecins remplaçants : le Régime Simplifié des Professions Médicales (RSPM) et le Régime Classique PAMC (Praticien et Auxiliaire Médical Conventionné). Important : à ne pas confondre avec les régimes fiscaux (Micro-BNC et Régime Réel) !

1. Régime Simplifié des Professions Médicales (RSPM)

👉 Pour qui ? Médecins remplaçants ayant un chiffre d’affaires (CA) annuel inférieur à 38 000 €.
📈 Cotisations : 13,5% pour un CA jusqu’à 19 000 € par an, et 21,2% pour la tranche de CA entre 19 000 € et 38 000 €.
🛡 Invalidité-Décès : 157 €/an pour une couverture à 25% ou 626 €/an pour une couverture à 100% (barème CARMF 2026).
🌐 Déclaration simplifiée sur le portail RSPM — réservé aux remplacements exclusifs.
📌 Exemples pratiques :
• CA annuel de 18 000 € ➡ Cotisations ≈ 2 430 €/an (18 000 € x 13,5%).
• CA annuel de 35 000 € ➡ Cotisations ≈ 5 957 €/an (19 000 € x 13,5% + 16 000 € x 21,2% = 2 565 € + 3 392 €).
Important : Un dépassement ponctuel de 19 000 € est toléré. Mais après 2 années consécutives de dépassement ou un CA supérieur à 38 000 € sur une seule année, tu bascules au régime classique (PAMC). Dans les deux cas la bascule prend effet au 1er janvier de l’année suivante : tu restes en RSPM jusqu’au 31 décembre de l’année du dépassement.

2. Régime Classique PAMC (Praticien et Auxiliaire Médical Conventionné)

👉 Pour qui ? Médecins ayant un CA annuel supérieur à 38 000 €, ou par choix volontaire.
💰 Cotisations : Variables, calculées selon ton bénéfice réel.
🧓 Retraite : Gérée via la CARMF.
🌐 Inscription et déclaration sur urssaf.fr.

⚠️ CA ou bénéfice : sur quoi cotises-tu vraiment ?

Mettons fin à une confusion très répandue : au PAMC, l’URSSAF et la CARMF ne se calculent pas sur ton chiffre d’affaires. Elles se calculent sur ton revenu professionnel — ton bénéfice, pas tes encaissements.
Pourquoi tant de médecins croient le contraire ? Parce que deux régimes brouillent les pistes :
• au RSPM, les taux (13,5 % / 21,2 %) s’appliquent bien au CA — mais c’est un forfait libératoire propre à ce régime simplifié ;
• en micro-BNC, l’assiette sociale est estimée à 66 % des recettes (l’abattement fiscal de 34 % tient lieu de frais) — le point de départ est le CA, mais l’assiette reste un revenu.
Au PAMC en régime réel, la base est ton bénéfice recalculé sans déduire tes cotisations sociales ni la CSG déductible, puis diminué d’un abattement de 26 % (voir ci-dessous). Deux médecins au même CA mais avec des charges différentes ne paieront donc pas les mêmes cotisations.

🆕 La réforme de l’assiette 2026 (revenus 2025)

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2024 (art. 18) a créé une assiette unique pour toutes les cotisations et contributions des indépendants — l’assiette, c’est simplement le montant sur lequel on applique les taux. Elle s’applique à partir des revenus 2025 — donc concrètement lors de la régularisation effectuée en 2026, après ta déclaration de revenus.
📐 La nouvelle formule (régime réel) :\

  1. On part de ton revenu professionnel : recettes moins charges déductibles, sans déduire tes cotisations sociales ni la CSG déductible (les IJ de prévoyance facultative s’y ajoutent).\
  2. On applique un abattement forfaitaire de 26 % — encadré par un plancher (1,76 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 828,96 € pour 2025) et un plafond (130 % de ce même plafond annuel, soit 61 230 €).\
  3. Le résultat (74 % de ton revenu professionnel) est l’assiette de toutes tes cotisations et de la CSG-CRDS.
    En micro-BNC, rien ne change dans la mécanique : l’assiette reste tes recettes après l’abattement fiscal de 34 % — l’abattement de 26 % ne s’y applique pas.
    Les taux ont été réajustés pour viser une neutralité d’ensemble : les cotisations créatrices de droits (retraite notamment) augmentent, la CSG diminue.

🎛️ Moduler tes cotisations provisionnelles

Tes cotisations provisionnelles sont calculées sur ton revenu d’il y a deux ans, puis recalculées quand ton revenu N-1 est connu. Si ton activité baisse ou explose cette année, tu n’es pas obligé(e) d’attendre (l’effet ciseaux te tomberait dessus à la déclaration suivante) : tu peux déclarer un revenu estimé pour l’année en cours depuis ton espace urssaf.fr (rubrique « Moduler mes cotisations provisionnelles »). Tes échéances sont recalculées immédiatement.
Sans risque de pénalité : la majoration qui sanctionnait autrefois une sous-estimation a disparu du texte en vigueur (art. L131-6-2 du Code de la sécurité sociale). Si ton estimation est trop basse, tu paieras simplement la différence à la régularisation suivante — comme d’habitude.
🎯 Quel montant déclarer ? Ton revenu professionnel avant l’abattement de 26 % — c’est l’URSSAF qui applique l’abattement, avec son plancher et son plafond, jamais toi. Concrètement : en régime réel, ton bénéfice attendu sans déduire tes cotisations sociales ; en micro-BNC, tes recettes attendues moins l’abattement de 34 %. Ne déclare jamais un montant auquel tu aurais toi-même retiré les 26 % : l’abattement serait appliqué deux fois et tes provisionnelles seraient trop basses, avec une régularisation salée à la clé.

💳 Paiement et régularisation

📄 Ce que tu reportes sur la DSFU

Les cotisations calculées ici partent d’un montant que tu déclares toi-même : la case DSCS, expliquée dans le guide, qui totalise tes recettes brutes non salariées.

💡 Astuce indispensable

🦛 Le Tips Hippodoc

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'URSSAF et à quoi servent mes cotisations ?
L'URSSAF collecte tes cotisations sociales obligatoires qui financent ta protection sociale : assurance maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base, CSG-CRDS, et indemnités journalières.
Quand dois-je m'inscrire à l'URSSAF ?
Tu dois t'inscrire à l'URSSAF dans les 8 jours suivant ton premier remplacement libéral. L'inscription se fait sur medecins-remplacants.urssaf.fr si tu choisis le RSPM (à déclarer avant ton premier remplacement), sinon sur le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr, qui transmet ton dossier à l'URSSAF.
Quelle différence entre RSPM et régime PAMC ?
Le RSPM (CA < 38 000 €) offre des cotisations réduites (13,5-21,2%). Le PAMC (CA > 38 000 €) calcule les cotisations sur ton bénéfice réel. Ne pas confondre avec les régimes fiscaux (Micro-BNC/Réel).
Comment sont calculées mes cotisations URSSAF ?
En RSPM : 13,5% jusqu'à 19 000 € de CA, puis 21,2% entre 19 000 € et 38 000 €. En PAMC : cotisations variables calculées selon ton bénéfice net réel.
Puis-je déduire mes cotisations URSSAF de mes impôts ?
Oui ! Tes cotisations URSSAF sont déductibles de ton revenu imposable (sauf CRDS et part non déductible de la CSG). C'est essentiel pour réduire ta base d'imposition.
Mes cotisations URSSAF se calculent-elles sur mon chiffre d'affaires ?
Au PAMC, non : l'URSSAF et la CARMF se calculent sur ton revenu professionnel (ton bénéfice, recalculé sans déduire tes cotisations sociales, puis diminué d'un abattement de 26 %) — jamais sur ton chiffre d'affaires. La confusion vient du RSPM, qui est un forfait libératoire appliqué au CA, et du micro-BNC, où le revenu est estimé à 66 % des recettes.
Puis-je moduler mes cotisations provisionnelles en cours d'année ?
Oui, à tout moment, depuis ton espace urssaf.fr (« Moduler mes cotisations provisionnelles ») en déclarant ton revenu estimé de l'année : tes échéances sont recalculées immédiatement. Et depuis la version en vigueur de l'article L131-6-2 du Code de la sécurité sociale, aucune majoration n'est appliquée si ton estimation s'avère trop basse — il n'y a qu'une régularisation classique l'année suivante.
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